#ChallengeAZ – Dormeuse

Après une première semaine courte mais intense dans les thèmes abordés (accidents & cambriolage), offrons un peu de repos à nos ancêtres. Enfin ne vous laissez pas aller à la torpeur comme cette belle Marguerite qui s'est éteinte après 20 ans de sommeil...

Cette histoire est un feuilleton. Un feuilleton teinté de voyeurisme par la presse, qui ne cessa, pendant deux décennies, de suivre la vie inanimée d'une petite maison paysanne. Les journaux sont tellement riches qu'il est difficile d'en n'écrire quelques lignes seulement...

Un point sur l'événement

28 mai 1883, Marguerite BOUYENVAL a 22 ans et met au monde son premier enfant. Malheureusement, celui meurt dès le lendemain. Une rumeur court alors dans le petit village de Thenelles (02). Le crime, un infanticide. La justice s'intéresse à l'affaire et, à la vue des gendarme, la jeune mère est prise d'une crise de nerf terrible. Plusieurs heures s'écoulent, Marguerite s'apaise enfin, elle s'endort... mais ne se réveille que 20 ans plus tard avant de s'éteindre le jour suivant.

En 20 ans, Marguerite est devenue un phénomène pour la science, dans la presse et a rendu célèbre le petit village. A sa mort, on lira dans l'Univers :

En effet, quelques grands noms de la science du début du XXe siècle ont vu, étudié et décrit la "Dormeuse de Thenelles" : Edgar BERILLON, Georges GILLES DE LA TOURETTE, Georges BROUARDEL et Jean-Martin CHARCOT pour ne citer que les plus connus. Les détails les plus crus sur Marguerite ont ainsi diverti les lecteurs en 1900, à l'image d'une téléréalité en 2017... comme en témoigne cette chronique du XXIe siècle en 1887 :

Chaque journal national missionne un envoyé spécial pour décrire la vie de la dormeuse (Marguerite, la léthargique ou le "sujet"), pour peindre le portrait de sa mère qui s'occupe d'elle au quotidien ou pour interroger les voisins qui colportent les légendes. La lecture de ces reportages nous fournit tant de détails sur la maison, la décoration, et l'ambiance.

Pour les curieux et les courageux, voici un (long) article très évocateur, du journal Le Matin du 9 octobre 1894 :

Pour le généalogiste ou l'historien local, un siècle plus tard, ces écrits qui pénètrent l'intimité de nos ancêtres sont des trésors. Ils éclairent sur leur mode de vie et apportent du relief, de la vie à des noms, mais à quel prix...

D'elle à moi

Marguerite BOUYENVAL est également sur

Auteur de l’article : hegesip

  • Fanny-Nésida P

    Vraiment une étrange et curieuse histoire !
    Bonne idée que faire le lien avec la presse ancienne