Virginie Breton

épouse Demont

Peintre

Portrait de Virginie Demont-Breton,
1894, Veloso Salgado,
 Collection privée

La vie de Virginie

Virginie Élodie Marie Thérèse Breton naît en 1859 à Courrières, commune minière du Pas-de-Calais. Son père est le célèbre artiste Jules Breton, peintre réaliste puis naturaliste ; ses toiles sont exposées en France et aux Etats-Unis. Sa mère, Élodie De Vigne est la fille d’un peintre Belge.

Elle vit ses années de jeunesse à Courrières, sur les terres de sa famille paternelle. Son apprentissage artistique est dispensé par son père.

En 1877, elle est fiancée au jeune peintre Adrien Demont. Leur mariage a lieu en 1880 à Courrières. Ils s’installent à Wissant, sur la Côte d’Opale. Les landes et les pêcheurs deviennent les sujets préférés du couple. Ils créent l’école de Wissant, un groupement d’artistes.

Trois enfants naissent de cette union : Louise, Adrienne et Eliane.

En 1883, Virginie rejoint l’Union des femmes peintres et sculpteurs et en devient la présidente entre 1895 et 1901. Combative obstinée, sous sa présidence, elle obtient l’entrée des femmes à l’école des Beaux-Arts.

Elle est nommée chevalier de la Légion d’Honneur en 1894. Unique femme artiste titulaire que, seule, Rosa Bonheur avait eu avant elle.

Virginie décède à Paris en 1935.

L'œuvre de mon choix

En 1889, elle expose son tableau « L’Homme est en mer » au Salon de Paris. Quelques mois plus tard, Vincent Van Gogh exécute une reproduction de ce tableau :

Critique de Georges Lafenestre dans Le Salon de 1889 (Gallica :

« Dans l’ Homme est en mer, madame Virginie Demont-Breton, suivant avec résolution la voie qu’elle a choisie, s’est efforcée d’unir la vérité de l’observation, la beauté de la forme, la simplicité et la force de l’expression dans une seule figure de grandeur naturelle. Tandis que l’homme est en mer, la femme est restée seule avec son nouveau-né dans la petite maison. L’heure s’avance, les barques ne sont pas revenues, le vent sans doute hurle au dehors, éveillant sous les fronts les souvenirs lugubres et les tristes pressentiments ; la ménagère, jeune et belle, se laisse aller à ses pensées inquiètes, en chauffant les pieds de son marmot endormi sur ses genoux aux dernières flammes du tison qui agonise. Assise, au coin de la haute cheminée, la tête appuyée au mur, elle n’est éclairée, dans
son attitude mélancolique, que par la lueur de ce maigre feu. Apeine distingue-t-on, derrière elle, son dévidoir et quelques filets suspendus à la muraille nue. Cette mystérieuse rareté de la lumière augmente l’impression de silence, de solitude, d’abandon qu’on éprouve, à l’abord, devant cette épouse rêveuse. Madame Demont-Breton a conduit avec une grande sûreté de main, le mouvement délicat des nuances lumineuses autour des formes, sans rien retirer
à ces formes de leur précision ni de leur solidité. Sa peinture est aussi bonne par l’exécution que par la conception et comptera sans doute, dans son œuvre déjà important, comme une de ses meilleures inspirations. « 

 

 

L’Homme est en mer,
1889, Virginie Breton,
 Collection privée

L’Homme est en mer,
1889, Vincent Van Gogh,
 Collection privée

Autres œuvres de Virginie

Le bain,
1897, Virginie Demont-Breton,
Koninklijk Museum

Jeune pêcheur,
1885, Virginie Demont-Breton,
Collection privée

Fillette à la guirlande de fleurs des champs,
1892, Virginie Demont-Breton,
  Collection privée

Virginie dans les archives

1859 – Courrières (AD62)
Naissance

1935 – Paris  (16e)
Décès

Légion d’honneur
Base Léonore

L'arbre généalogique de Virginie
Sources
  • Archives :  Filae, AD62, AD75, Base Léonore
  • Musées : Koninklijk Museum
  • Bibliothèques : Gallica
  • Wikipedia